Partenaires du projet
Cette étude de trois ans a été réalisée en partenariat avec l’IRC-CNRC, l’INSPQ, le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) et la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et Santé Canada y ont aussi participé.
L’INSPQ était responsable de la coordination des enquêtes sur le terrain, du recrutement des participants et de la surveillance de la santé des enfants asthmatiques. Le CNRC était responsable de la caractérisation des conditions de l’environnement intérieur des maisons, en particulier la QAI et les taux de ventilation. Un groupe de travail sur la ventilation, dirigé par la SCHL et comprenant des membres du CNRC et de l’INSPQ, était responsable de la conception et de la mise en œuvre des interventions visant à améliorer la ventilation.
Une étude de terrain visant à analyser l’impact du taux de ventilation dans les maisons sur la qualité de l’air intérieur (QAI) et sur la santé respiratoire des enfants asthmatiques de la ville de Québec a récemment été réalisée conjointement par l’Institut de recherche en construction du CNRC (IRC-CNRC) et l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). Les trois principaux objectifs de cette étude étaient de déterminer si une augmentation de la ventilation peut amener à une diminution des symptômes asthmatiques chez les enfants; d’établir un lien entre les taux de ventilation et la QAI; et d’améliorer les connaissances en vue de déterminer les taux de ventilation optimaux en fonction de la santé.
Cette étude a révélé que, dans de nombreuses maisons, et en particulier dans les chambres d’enfant, les taux de ventilation ne satisfaisaient pas aux objectifs du code du bâtiment. Les chercheurs ont pu augmenter suffisamment les taux de ventilation en installant soit un ventilateur-récupérateur de chaleur (VRC), soit un ventilateur récupérateur d’énergie (VRÉ), ou encore en optimisant le système de ventilation existant. En préchauffant ou en pré-refroidissant l’air entrant selon les besoins, les VRC et les VRÉ ont permis d’augmenter le volume d’air extérieur entrant dans la maison et de réduire les coûts de chauffage ou de climatisation normalement associés aux méthodes traditionnelles de ventilation naturelle ou mécanique des habitations.
Dans un grand nombre de maisons, on a observé que le taux d’humidité relative (HR) de l’air était trop bas en hiver. Des taux HR faibles ont souvent un impact négatif sur le confort des occupants et peuvent aggraver les symptômes respiratoires. Comme l’apport d’un plus grand volume d’air extérieur en hiver réduit le taux HR, les maisons présentant un faible taux HR ont été sélectionnées pour recevoir un VRÉ (plutôt qu’un VRC) afin d’augmenter le taux de ventilation sans réduire indûment l’humidité relative ambiante. La membrane du VRÉ permet en effet de transférer l’humidité de l’air sortant à l’air entrant, ce qui empêche l’air de la maison de devenir trop sec. On ne sait pas encore si les contaminants présents dans l’air, comme le formaldéhyde, sont aussi transférés avec la vapeur d’eau à travers la membrane du VRÉ et redistribués dans la maison.
Prélèvement de poussière : Un technicien utilise un aspirateur spécial pour prélever des échantillons de poussière sur le plancher de la chambre de l’enfant. La poussière est ensuite analysée pour détecter les composés organiques semi-volatils et les composés biologiques liés à la présence de moisissures et de bactéries.
Mesure des particules, de la qualité de l’air et du taux de renouvellement d’air : Cette figure illustre certains des équipements utilisés pour mesurer le taux de renouvellement d’air dans la maison (la grosse boîte noire à gauche sur la table), pour échantillonner les composés organiques volatils en suspension dans l’air (les deux petits appareils rectangulaires au centre), et pour mesurer la concentration et le nombre de particules (la boîte bleue et blanche à droite).
Les résultats préliminaires ont démontré qu’une augmentation de la ventilation améliore la QAI, ce qui est confirmé par les concentrations réduites de composés organiques volatils (COV) et de spores de moisissure en suspension dans l’air. Avant les interventions, environ un tiers des maisons avait un taux qui dépassait le taux établi par les lignes directrices de Santé Canada (50 µg/m3) pour la concentration de formaldéhyde durant la saison hivernale. En augmentant la ventilation, on a observé une diminution des concentrations de formaldéhyde de 35 % en moyenne, avec pour résultat que toutes les maisons respectaient les lignes directrices de Santé Canada.
Conception de l’étude
Les enfants asthmatiques ont été recrutés par le biais du Centre hospitalier universitaire de Québec. Les maisons qui satisfaisaient à tous les critères pour la sélection des enfants et des maisons ont été visitées deux fois durant la saison de chauffage et une fois en été avant et après l'intervention pour un total de six visites. À la fin des trois visites de la phase pré-intervention, des VRC ou des VRÉ ont été installés dans la moitié des maisons choisies au hasard, tandis que l’autre moitié servait de maisons témoins; le même ensemble de paramètres a été mesuré au cours des trois visites de la phase post-intervention. Le personnel du CNRC était responsable de mesurer un ensemble exhaustif de paramètres physiques, chimiques et microbiologiques ayant une incidence sur la QAI.
En été, les concentrations de formaldéhyde étaient généralement plus élevées, et 64 p. 100 des maisons dépassaient la norme avant les interventions. Ce pourcentage a été réduit de façon notable en augmentant le taux de ventilation. Le formaldéhyde dans l’air est un irritant des voies respiratoires bien connu qui peut aussi provoquer l’asthme. On suspecte que certains des COV mesurés peuvent aussi causer des problèmes de santé.
Pour plus de renseignements
Les données sur l’amélioration de la santé respiratoire grâce à de telles interventions seront publiées à l’été de 2012. Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec M. Hans Schleibinger à hans.schleibinger@cnrc-nrc.gc.ca ou au 613-993-9702.